Julian La

Objets Suspects

Workshop collectif initié par Corinne Gisel et Nina Paim, alias Common Interest.

En octobre 2017, le groupe des étudiants de 4e année design graphique de l'ÉSAD •Valence sommes devenu un bureau d’investigation en design. Nous devions chacun identifier un délit et rechercher des suspects, c’est-à-dire tout ce qui a, ou a pu, avoir un effet néfaste dans le monde. Un seule restriction importait : les suspects ne seraient pas des individus, mais des produits de design.

Nous avons adopté une définition ouverte du design. Ne seraient pas concernés seulement les objets produits par ceux qui se disent designers, mais plutôt toutes les productions d’artefacts humains, les processus, les systèmes ou les structures réalisées pour agir dans le monde, et qui relèvent souvent d’un intention délibérée. Le but du projet était de mener l’enquête par une réflexion critique portant sur l’impact social, politique et environnemental de ces objets. Nous interrogions alors l’idée que le design est avant tout et fondamentalement une bonne chose pour l’humanité, puisqu’il peut aussi poser un nombre considérable de problèmes.

Notre bureau de recherche a identifié onze objets suspects : les émojis de nos portables ; le phénomène d’« happy slapping » ; la mis en forme sensationnelle des informations dans les médias ; la typographie genrée du marketing des jouets ; le téléphone portable ; le label « Made in Bengladesh » ; la salle de classe à l’école primaire en France ; Blanche Neige et ses copines ; la norme des produits « couleur chair » ; la mode autour de la consommation d’avocats ; les câbles sous-marins. Comme des détectives, nous avons pisté ces objets en réunissant des éléments d’information, menant recherches théoriques, entretiens avec des experts et des témoins, rapprochant et analysant des données, pour tirer nos propres conclusions. Assurés d’avoir établi les faits, nous avons chacun mis en oeuvre diverses approches pour rendre public nos résultats. Ceux-ci ont été présenté à travers une exposition organisée à l’espace Jeanne de Flandreysy à Valence, mais aussi au sein d’une édition, qui est le dossier de notre investigation, rendant compte de chacune de nos enquêtes à travers des objets imprimés.



2017 — Valence



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